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Monday, September 13, 2021

Complimentary comment and full republication of my article ‘La Grece Entre l’Europe et le Tiers Monde’ by Prof. Dimitri Kitsikis

Back in February 2018, Prof. Dimitri Kitsikis republished -in his blog- my devastating criticism of Greece’s unsubstantiated, mischievous and fraudulent universities and publishing houses, which have plunged the bankrupt and backward nation into unacceptable racism, paranoid chauvinism, and exasperating anti-Turkism, anti-Macedonianism, and anti-Albanianism. My article was initially published in 1994 in the illustrious Atatürk Araştırma Merkezi Dergisi (Cilt: X / Temmuz 1994 / Sayı: 29 – Cilt:X – Tarih: Temmuz 1994) and later reproduced online here:

https://dergipark.org.tr/en/pub/aamd/issue/55433/759535

http://www.atam.gov.tr/atam-dergisi/ataturk-arastirma-merkezi-dergisi-cilt-x-temmuz-1994-sayi-29

http://www.atam.gov.tr/dergi/sayi-29/la-grece-entre-leurope-et-le-tiers-monde

https://www.academia.edu/34416065/Mohamed_Chams_ad_D%C4%B1n_MEGALOMMAT%C4%B0S_La_Grece_Entre_l_Europe_et_le_Tiers_Monde

and

https://megalommatis.wordpress.com/la-grece-entre-leurope-et-le-tiers-monde/ 

Prof. Kitsikis added a brief biographical note, a picture and a complimentary comment (in French) to which I felt obliged to respond. All under the French title “Muhammad Shamsaddin Megalommatis: un Grec planétaire” (Muhammad Shamsaddin Megalommatis: a planetary Greek); here: http://endiameseperiochefrancais.blogspot.com/2018/02/4-muhammadshamsaddin-megalommatis-un.html

You can download Prof. Kitsikis’ comment and republication in Word doc. or eventually read it here:

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Τρίτη, 13 Φεβρουαρίου 2018

4 – Muhammad Shamsaddin Megalommatis: un Grec planétaire

http://endiameseperiochefrancais.blogspot.com/2018/02/4-muhammadshamsaddin-megalommatis-un.html

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Τρίτη, 13 Φεβρουαρίου 2018

4 – Muhammad Shamsaddin Megalommatis: un Grec planétaire

Orientalist, Historian, Political Scientist, Dr. Megalommatis, 51, is the author of 12 books, dozens of scholarly articles, hundreds of encyclopedia entries, and thousands of articles. He speaks, reads and writes more than 15, modern and ancient, languages. He refuted Greek nationalism, supported Martin Bernal ´s Black Athena, and rejected the Greco-Romano-centric version of History. He pleaded for the European History by J. B. Duroselle, and defended the rights of the Turkish, Pomak, Macedonian, Vlachian, Arvanitic, Latin Catholic, and Jewish minorities of Greece. Born Christian Orthodox, he adhered to Islam when 36, devoted to ideas of Muhyieldin Ibn al Arabi.

Greek citizen of Turkish origin, Prof. Megalommatis studied and/or worked in Turkey, Greece, France, England, Belgium, Germany, Syria, Israel, Iraq, Iran, Egypt and Russia, and carried out research trips throughout the Middle East, Northeastern Africa and Central Asia. His career extended from Research & Education, Journalism, Publications, Photography, and Translation to Website Development, Human Rights Advocacy, Marketing, Sales & Brokerage. He traveled in more than 80 countries in 5 continents. He defends the Right of Aramaeans, Oromos, Ogadenis, Sidamas, Berbers, Afars, Anuak, Darfuris, Bejas, Balochs and Tibetans to National Independence, demands international recognition for Kosovo, the Turkish Republic of Northern Cyprus, and Transnistria, calls for National Unity in Somalia, and denounces Islamic Terrorism.

T.C. Başbakanlık
Atatürk Kültür, Dil ve Tarih Yüksek Kurumu
ATATÜRK ARAŞTIRMA MERKEZİ     La Grèce Entre l’Europe et le Tiers –Monde Prof. Dr. Mohamed Chams Ad-dın Megalommatis*   Lors de ces quatre derniers ans la Grèce fut caractérisée par deux axes de politique européenne éminemment contradictoires: sous le gouvernement conservateur de la Nouvelle Démocratie (N.D.), elle a d’un côté essayé de prouver que tout malentendu existant depuis 1981 entre ce pays et les CEE relevait de la politique incohérente du PASOK le (“Mouvement” Socialiste Grec), tout en sollicitant une aide financière témoignant de la différence chaotique existant au niveau de l’économie et de l’adaptation européenne entre les pays européens les plus arriérés, tel le Portugal et la Grèce, tandis que de l’autre côté elle s’est mise à démontrer de façon solennelle que ses racines, ses moeurs, sa vie culturelle, son Académie, ses Universités, son élite politique et intellectuelle n’ont le moindre rapport avec l’évolution intellectuelle, idéologique et scientifique qui eut lieu en Europe depuis la Renaissance.

C’était juste au moment de l’arrivée de la N.D. au pouvoir en avril 1990 (lorsqu’une terrible histoire de trahison entreprise contre le petit parti DIANA éclata, car son seul député, qui n’était pas son chef, adhéra à la N.D. pour devenir son 151ème député (sur 300) et lui offrir ainsi la majorité gouvernementale), où les Grecs s’informaient sur l’entreprise des MM. Jean-Baptiste Duroselle et Frédéric Delouche de lancer une histoire-proprement européenne-de l’Europe justifiant la réunification de notre continent et de doter les citoyens de l’Europe d’une histoire qui serait la leur. Comme il était normal, une entreprise de telle envergure avait été financée par les CEE et tout un comité scientifique avait été mis en place. L’excellent résultat de cette initiative a bien attiré les éloges dans onze pays des CEE, une fois que le livre fut traduit dans toutes les langues communautaires sauf le grec. D’autres pays européens bien concernés par le projet de la réunification européenne et par la perspective de leur appartenance aux Etas-Unis d’Europe ont préparé d’autres traductions (en tchèque, suédois, russe, etc.)

La réaction grecque contre ce livre fut irréfléchie, mal argumentée et ridicule: sans avoir lu la totalité du livre pour pouvoir comprendre le but de cette entreprise, Mr. Jean Bastias (éditeur de I’EKDOTIKE ATHENON SA, maison à laquelle le texte a été envoyé par Mme. Vasso Papandréou, Commissaire aux CEE) et ses collaborateurs les plus proches, Mme. Hélène Glykatzi-Ahrweiler (naturalisée française, professeur à Paris I, président du Centre Pompidou et espérant se mêler à la vie politique grecque après la mort du Président Caramanlis), Mr. M. Sakellariou (académicien grec, ancien professeur de l’Histoire à l’Université de Salonique, qui s’intéressa d’abord à l’histoire des Grecs sous l’Empire ottoman, (surtout pendant le 18e s.), jusqu’au moment où on lui rejeta la thèse pour le laisser s’orienter ultérieurement à l’Histoire Grecque Ancienne et finalement passer une thèse d’Etat en France) et M. Andronikos (le fouilleur de Vergina, en Macédoine Grecque, qui, basé seulement sur les riches trouvailles d’un tombeau mis au jour par lui, a su l’identifier à celui de Philippe, père d’Alexandre le Grand, sans qu’une inscription quelconque l’autorise à cela), ont commencé à critiquer vivement le livre publiquement, à publier de longues “réfutations” contre cet effort “antihellénique” et à donner des interviews pour déclarer que le livre essaierait de minimiser la contribution grecque à la formation intellectuelle de l’Europe, l’histoire grecque, ainsi que l’Empire Romain Oriental (appelé seulement “Byzance” et considéré de “grec” en Grèce, malgré le fait que la langue officielle jusqu’au 7e s. était le latin et que ses citoyens s’appelaient Romains ou Romanoi). Tout cela s’est passé au moment, où le texte, qui n’était pas encore publié, leur fut confié et non pas offert à leur critique, ce qui témoigne d’un manque énorme d’éducation, d’esprit européen et de bonne foi.

A la suite de leurs réactions toujours basées sur la lecture d’une petite partie du livre, beaucoup d’académiciens, d’universitaires et de politiciens grecs ont réagi: l’archevêque d’Athènes, Sérafeim, l’ex-ministre N. Martis (qui, sans être un historien et sans avoir suivi un seul séminaire d’histoire, essaie de “démontrer” qu’il ne peut pas y avoir de “République de Macédoine” (!) et qu’il n’y a pas de langue macédonienne slave, en dépit du fait qu’elle est enseignée dans une bonne trentaine d’universités partout dans le monde, comme p.e. à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, à Paris), l’eurodéputé Papoutsis (qui n’est naturellement pas historien mais s’est demandé publiquement pourquoi il n’y a pas de référence au Parthénon dans ce livre, dont la première photo nous offre une parfaite vue sur ce monument!), l’eurodéputé Pesmazoglou et bien des autres, qui-tous-n’avaient pas lu même une seule ligne du texte!! Pour plusieurs mois les journaux et, en général, les mass-médias grecs considéraient ce livre de “témoignage des sentiments et de la haine antigrecs exprimés par le Vatican et le Monde Catholique depuis des siècles, de “produit de la propaganda sioniste minimisant les racines grecques de l’Europe”, “résultat de l’incessable guerre turque contre la Grèce”, ou même d’“effort du rationalisme occidental pour déshelléniser le Monde et l’Histoire Européenne”!!!!

Il y a une explication à tout ce qui parait ridicule ou même charlata-nesque. Toutes ces réactions, ainsi que celles de nombreux citoyens grecs, qui se sont pris pour bons historiens et essayèrent de répondre au seul plaidoyer publié en Grèce pour le livre de J.B. Duroselle (OIKONOMIKOS TAHRYDROMOS, 7.11.91, p. 47-48), en insultant le plaidoyant et en employant des expressions argotigues de très basse classe (OINKONOMIKOS TAHDYDROMOS, 4.IV.91, p. 73 “défendre l’histoire de J.-B Duroselle est un acte de folie ou de ridiculité parallèle aux intérêts des Sages de Sion”; 11.IV.91, p. 43 “De telles opinions ne doivent pas être publiées”;

2.V.91, p. 66 “En guise de réponse à notre lettre vous devez nous préciser si vous êtes Grec, si vous avez fait votre service militaire, si vous êtes chrétien orthodoxe…”; 16.V.91, p. 62 “Honte à vous”; 23.V.91, p. 86 “Vous époussetez les chaussures de J.-B. Duroselle”; 11.VI.91, p. 54 “Même si tout ce que vous dites est vrai, vous devez ne pas le diffuser, car tout cela fera du mal à notre pays”), doivent être conçues comme une expression authentique de l’incroyable mensonge enseigné aux Grecs en tant qu’“Histoire Grecque”, du manque quasi-total des Sciences Humaines dans les universités du pays, ainsi que du bas niveau de l’éducation et de la culture en Grèce et de l’esprit obscurantiste et arriéré, qui en résultent.

On verra d’abord quel est le mensonge historique que les Grecs apprennent en tant qu’ “histoire” au primaire et au secondaire: pour les “manuels” historiques (déjà vivement critiqués en Grèce) toute l’histoire de l’Humanité ne serait qu’un inventaire des influences grecques! Les civilisations minoenne (on connaît déjà très bien que les Cretois n’étaient pas des Grecs mais des Canaanéens) et mycénienne seraient “grandes”: malheureusement, même les Hittites, peuple largement influencé par les Hourrites et les Assyrobabyloniens, ne considérèrent jamais les Grecs du IIe millénaire d’“importants”. Les Grecs de l’époque classique auraient tout inventé: malheureusement, les Orientalistes ont depuis bien des années prouvé que tout était déjà connu bien avant les Grecs. Les découvertes des Orientalistes demeurent inconnues en Grèce, puisque les quelques Orientalistes grecs travaillent à l’étranger, ou bien sont mis à l’écart en Grèce, tout en étant considérés de “dangereux”. D’après ces pseudomanuels, Alexandre le Grand aurait initié les peuples orientaux à la civilisation: malheureusement même les sources grecques font état de son attitude de respect et d’excellente considération envers les anciennes civilisations. Evidemment, ces sources, on les passe sous le silence, tout comme toute autre source grecque témoignant de présence ou d’influence orientales, car on sait très bien que Thaïes, Platon, Anaximandre, Pythagore et tous les autres philosophes grecs ont pris leur “route de Damas”! D’après ces “manuels”, les Romains seraient des barbares à jamais, à condition de n’avoir pas été civilisés par les Grecs! Même le christianisme y devint une mixture “hellénico testamentaire”! Tout cela dépasse les limites du ridicule, mais on atteint déjà le charlatanesque par l’incroyable altération de l’histoire médiévale: l’empire romain oriental, devenu “byzantin” pour les savants byzantinistes du dernier siècle, serait l’“empire grec médiéval”, ce qui est une pure tromperie, puisque le mot même “Grec” était une grave insulte pour tous les citoyens “romains” de l’empire oriental.

Pour toutes les périodes de l’histoire avant la Renaissance dans les manuels grecs il n’y a que quelques pages dédiées à l’histoire d’autres peuples. Tout ce qu’on enseigne sur les anciennes civilisations (quelques 20 pages), est tellement faux, qu’une réfutation publiée dans la revue SYNCHRONI EKPAI-DEVSI (nos 32, 33, 34) nécessita 34 pages de la revue!! Le racisme antisémite grec trouve sa place partout, où il y a une référence aux Hébreux (et aux Juifs). Les Grecs n’apprennent sur l’Islam que l’hystérie antiislamique des théologiens du Moyen-Age, tandis qu’fl n’y a rien dans ces pseudomanuels sur les Sassanides et l’Iran islamique, l’Inde, l’Asie Centrale, les Celtes, les Chinois, le Japon, le Tibet, l’Afrique et l’Amérique précolombienne.

Les Grecs modernes croient qu’ils sont la suite ininterrompue des anciens Grecs! Ils n’acceptent pas que les invasions slave (7e s.), albanaise (12e-13e s.), serbe, roumaine et latine (13e-15e s.) ont complètement transformé la face du Sud de la péninsule balkanique et limité les Grecs en Anatolie et à Istamboul. Ils n’acceptent pas que la langue grecque était diffusée par le patriarcat orthodoxe parmi tous ces peuples seulement en tant que langue sacrée de leur religion. C’est pour cela que les émeutes slavo-albanaises de 1821-1828 ont été appelées “révolution grecque”, tandis que le grec n’était pas la langue maternelle des héros de cette révolution. (Botsaris, Canaris, Miaoulis, Caraïscakis et les autres disaient qu’ils étaient “Arvanites”, c’est-à-dire Albanais; Botsaris a même essayé de composer un système d’écriture albanaise basé sur les caractères grecs). Là où il y eut une ingérence franco-russo-britannique contre l’Empire Ottoman (combat naval de Navarino), les Grecs apprennent sur l’héroïsme de leurs ancêtres, qui n’y ont même pas participé! La fameux tur-cologue grec Dimitri Kitsikis, qui a fait sa carrière en France, au Canada et en Turquie, démontra pourtant, à travers son manuel sur P”Histoire de l’Empire Ottoman”, que les seuls vrais Grecs (ceux qui vivaient à Istamboul et en Anatolie) avaient pris position contre ces émeutes qui allaient démolir un système, auquel ils participaient vivement. C’est pour cela que le Professeur Kitsikis fut tellement insulté en Grèce.!

Où faudrait-il chercher les origines de cette illusion? On devrait se reporter aux fondements de l’Etat pseudogrec de 1828. Le grec y devint langue officielle, mais on y parlait plusieurs dialectes, où la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire n’étaient pas grecs dans leur majorité (seules les parties albanaise, slave et turque faisaient plus de 2/3 du vocabulaire). Le patriarcat orthodoxe d’Istamboul trouva opportun de se doter d’un état cosmique et la langue grecque, commune pour les populations chrétiennes du petit pays, serait le biais, par lequel il essaya d’en forger l’unité. Une classe politique quitta Istam-boul et les communautés grecques de l’occident pour y exercer le pouvoir. C’est ainsi que deux courants idéologico-politiques se formèrent: les uns, formés par l’église orthodoxe, anti-occidentaux et plus particulièrement anti-français, s’orientaient vers la perspective obscurantiste de l’établissement d’un Etat “néobyzantin” religieux. Les autres, influencés par les Lumières, admiraient un Hellénisme idéal, perdu à jamais depuis 146 avant notre ère, mais ils étaient obligés à se compromettre. C’est ainsi que l’éducation ne pourrait qu’être formée d’éléments très contradictoires qui aboutirent à composer une fausse idéologie: celle du terme même, nous prête à rire. C’est en dosant toujours davantage que les uns et les autres arrivèrent à surenchère. Les dictateurs Métaxas (1936-1941) et Papadopoulos (1967-1973) furent d’ailleurs les propagateurs les plus fervents de la “civilisation gréco-chrétienne”. Par conséquent, les anciens Grecs ne pourraient être que “la base de l’évolution historique mondiale” (!) et l’histoire elle-même ne pourrait exister que pour “nous” amener à Jésus-Christ (!), une fois que cet état n’était pas laïc. Il est bien évident que de terribles et incroyables violations des Droits de l’Homme se perpétuèrent en Grèce jusqu’aujourd’hui et les Albanais (Arvanites en Grec), les Slaves grécisés, les Slaves Macédoniens et les Vlaques n’ont pas pu suivre l’enseignement primaire et secondaire dans leur propre langue maternelle mais en une langue totalement artificielle, appelée archaïsante et puriste, pour avoir été fabriquée à seul but d’éliminer les dialectes, de remplacer les mots d’origine non grecque par d’autres et d’introduire un vocabulaire grec. Pour que cette aventure puisse avoir un succès, tous les habitants du pays apprenaient continuellement que la langue enseignée aux écoles était “correcte” et qu’ils étaient les descendants malheureux d’un grand peuple “détruit par les Turcs, les Slaves, les Albanais, les Latins (terme employé pour les Croisés), le Pape et la Franc-Maçonnerie française!”

Si cela est aberrant ou même abominable, les résultats d’une telle autotromperie sont bien plus désastreux, car la survie de ce monstre idéologique nécessitait des mesures spéciales, ainsi qu’un contingentement sans précédent. Tout cela ne pourrait qu’aboutir à un manque quasi-total des Sciences Humaines dans les universités de ce pays.

Très peu de domaines scientifiques furent permis dans les universités grecques: presque toutes les branches des science historiques, philologiques, archéologiques et religieuses n’existent pas en Grèce. A part tout ce qui existe sur les différentes phases de l’histoire, de l’archéologie, ou de la littérature grecques, il n’y a que ces quatre départements: “Littérature anglaise”, “Littérature française”, “Littérature allemande” et “Littérature italienne”. A l’enseignement secondaire un élève grec ne peut apprendre qu’une langue étrangère: soit le français, soit l’anglais. Il n’y a pas d’ “Agrégation” en Grèce; les licenciés enseignent les différentes matières, même si à l’université la bibliographie offerte et obligatoire pour les examens de chaque Unité de Valeur (il en a 28 jusqu’ à la Licence) n’est qu’un seul manuel (200-300 pages) par cours. Il n’y a pas d’études post-universitaires en Grèce. Ceux qui élaborent une thèse, en Grèce, préparent un travail du niveau de la Licence française ou même pas, sans suivre des séminaires spéciaux et sans employer la méthodologie scientifique (la bibliographie périmée est très souvent employée). Il en résulte une ignorance sans précédent et tout cela touche successivement les masse-médias, le livre, la culture moyenne. Ce manque quasi-total de sciences humaines et surtout du Monde de l’Orientalisme permet à cet hellénocentrisme obreptice de survivre, mais rend tout de même le Grec moyen un être désinformé, obscurantiste et nationaliste in extremis.

Récemment la classe politique et universitaire grecque a compris qu’elle ne pourrait plus continuer ses méthodes arriérées dans le cadre de la Communauté Européenne. Sachant que tout enseignement éventuel d’un domaine de l’Orientalisme risquerait de détruire (de toute vitesse) la pseudoconstruction du grécocentrisme, l’établissement grec fut obligé d’introduire un certain nombre limité de séminaires orientalistes pour permettre à des non-orientalistes d’y enseigner et d’y présenter une altération quasi-totales des données historiques. Ils pensent qu’en agissant de cette façon ils n’auront pas de problème de contestation du grécocentrisme!

Il faudrait ici citer quelques cas pour laisser les lecteurs comprendre ce qui se passe dans les “universités” de ce pays théoriquement européen:

Un théologien, qui n’a jamais suivi un seul séminaire d’islamologie, Mr. Constantin Patélos, a occupé une position d’islamologue à l’Ecole Panteîos des Sciences Politiques de l’Université d’Athènes. Sans avoir jamais publié quelque chose relative à l’Islam, ce monsieur-là devait écrire et publier un manuel, qui servirait de (seule) base à ses étudiants (faute de quoipersonne ne pourrait enseigner dans une université grecque quelconque, une fois que la méthode universitaire internationale de demander une bibliographie générale et spécialisée relativement extensive n’est pas pratiquée en Grèce). Dans son manuel C. Patélos enseigne que “l’Equateur traverse la péninsule arabique”, que (le mois du calendrier islamique Dhou’l Hidjdja, écrit par lui) “Dhou 1 Hidjdja est un courant musulman”, que “Mahomet a fait d’Abu Bakr un Imam” (tandis que ce dernier fut élu calife après la mort du Prophète), que “les Assyriens envahirent le Yemen’“, ou bien que “Jésus est aussi le Messie des Musulmans”, etc.

Un professeur de théologie orthodoxe à l’Université d’Athènes, Mr. Savas Agouridès, qui n’a jamais suivi un seul séminaire sur le Gnosticisme de l’Antiquité Tardive, a voulu organiser la traduction en grec d’un volume anglais publié par la maison hollandaise E.J. Brill, où une série d’experts internationaux sur le Gnosticisme a préparé d’excellentes traductions des manuscrits coptes de Nag-Hammadi (Egypte). Dans le volume grec, ce professeur a essayé de caractériser ce courant philosophico-religieux de l’Antiquité Tardive de “pseudophilosophie”, de “suicide intellectuel du monde gréco-romain”, ou bien “de langage absurde et contradictoire”, expressions que les spécialistes internationaux n’ont jamais su se permettre.

Le bas niveau de l’éducation et de la culture se manifeste très vivement en Grèce: la revue mensuelle DAVLOS (“Flambeau”), diffuse les idées suivantes: “La civilisation européenne n’est qu’une caricature déformée de la civilisation grecque”, “les Grecs gouvernaient le monde entier vers 15.000 avant notre ère”, “la langue grecque a été formée par les bruits de la nature, le vent, la mer, etc.”, la langue grecque est la seule vraie langue qui existe”, “toutes les autres langues du monde dérivent du grec, qui est plus riche, puisque cette langue contient 6.000.000 mots” (!), “Saturne, Jupiter et les autres “dieux” des Grecs n’étaient pas “dieux” et les anciens Grecs ne les considéraient pas de “dieux”, mais ils étaient des rois historiques vivant avant 10.000 avant notre ère et c’est seulement à cause d’une conspiration sioniste des Juifs de l’Alexandrie grécoromaine que cette histoire fut réduite à un “mythe” proprement dit”. Evidemment la revue DAVLOS rassemble des néofascistes analogues à ceux de la Pen et de son parti, mais elle rassemble aussi la moitié du parti (gouvernemental) de la Nouvelle Démocratie; un professeur de philosophie à l’Université d’Athènes et candidat malheureux de la Nouvelle Démocratie en Etolie/Acarnanie, Gr. Costaras, appartient à ce circle. Mme. Anne Synodinou, ancien ministre de C. Caramanlis, se basait sur des articles de cette revue lors de ses discours antisocialistes parlementaires. Elle a également travaillé avec ce circle pour la cause commune de “l’alphabet grec”, puisque DAVLOS attache une importance sans précédente à la diffusion du mensonge que l’alphabet phénicien vient de l’alphabet grec et ne veut accepter d’aucune façon l’unanimité scientifique sur l’origine phénicienne de l’alphabet grec. Mme. Anne Synodinou a demandé (en 1986-87) au ministre socialiste de l’Education d’effacer les mensonges antigrecs” de tout manuel de l’enseignement secondaire grec! DAVLOS a publié sur le livre de Jean-Baptiste Duroselle un article entitré “Ex Olympo lux” (la fameuse montagne d’Olympe résidence des “dieux” grecs, dont je viens de vous donner la connotation selon DAVLOS). Hélie Tsatsomi-ros, l’auteur de cet article (DAVLOS, No. 102, Juin 1990, p. 5857-5861), qui ne s’est jamais même pas inscrit à une université quelconque, a su caractériser ce livre de “monstre”, “falsification de l’Histoire”, “conspiration satanique contre toute chose grecque”, “pseudohistoire”, “modèle de l’intolérance manifestée par ceux qui sapent les fondements de la Justice Universelle, écrit par le sage de la falsification et de l’absurde qui est aussi un “exploiteur international” et “a attaqué son seul rival, la langue grecque, à cause de sa détresse”. Tout cela fut répété par Mme. Anne Synodinou et bien des autres.

On devrait finalement aussi signaler le cas d’ELLOPI cette revue nationaliste et chauviniste, qui a circulé récemment. Là, on trouve beaucoup d’articles signés par des professeurs de l’Université d’Athènes; ce n’est donc pas un marginal. Dans l’article éditorial du fascicule d’avril-mai 1990, la perspective de l’unification européenne est vue comme celle d’un mégal-Etat international, totalitaire, niveleur”. L’intérêt manifesté par la CEE pour les pays de l’Europe de l’Est serait (pour un autre auteur) “dangereux pour la Grèce. Un autre écrivain y demande un effort grec pour proselytiser les Turcs de la Thrace (Grèce du Nord-Est) au christianisme. Pour un autre écrivain, non-diplômé bien sûr, “tous (même le “terrible monde des Sociétés Secrètes”, les Noirs, les Jaunes, les Lapons) doivent tout à l’Hellénisme”. Un professeur de l’Ecole Pan-teios des Sciences Politiques écrivit pour s’approprier les monuments araméens et romains de la Jordanie et pour les présenter comme “grecs”!

Ekdotiké Athénon a publié un volume de “Mythologie Universelle” dans son “Encyclopédie Pédagogique (?) Grecque”, qui devrait présenter le contenu mythologique des religions considérées “mortes”. La moitié du volume est dédiée aux mythes, héros, dieux grecs; le reste essaie de présenter le contenu mythologique des religions sumérienne, accadienne, assyrobabylonienne, égyptienne, hittite, hourrite, phrygienne, arménienne, canaanéenne, phénicienne, mithraiste, romaine, étrusque, celte, germanique slave, euro-asiatique, américaine, africaine et océanienne. Le déséquilibre, qui en résulte, est énorme et ses conséquences au niveau de la culture grecque moyenne s’avéreraient catastrophiques. L’esprit soi-disant proeuropéen de l’éditeur, Mr. Jean Bastias, se dégage très facilement. Il me suffit de vous signaler que l’article “Graal” est présenté dans seules 24 lignes, au lieu de 1.120 lignes pour les “Sept contre Thèbes”! Je dois vous indiquer que cela ne rélève point d’un effort commercial de “plaire” aux lecteurs mais constitue carrément un choix idéologique lié au grécocentrisme nationaliste, dont je viens de vous parler. Le Grec moyen n’a même pas entendu parler de ces “Sept contre Thèbes” et, au contraire, les jeunes ont appris sur Graal, grâce au récent film de Spielberg “Indiana Jones and the last Crusade” et aux acteurs Sean Connery et Harrison Ford.

Un philologue helléniste grec, qui n’a jamais suivi un séminaire orientaliste, Constantin Siamakis, publia un livre de 900 pages sur “l’Alphabet” pour informer ses lecteurs que “ce que les Orientalistes disent, qu’ils ont traduit les textes préalphabétiques (égyptiens, assyriens, sumériens, hittites)” constitue un “énorme mensonge”. La chronologie acceptée par tous les Orientalistes pour les souverains de l’Orient préclassique serait “ridicule”! Le fameux savant tchèque, Hrozny, devint ainsi un “idiot”!!

Il faudrait insister que tous ces cas sont représentatifs et ne concernent pas des écrivains marginaux. Le livre d’André Andrianopoulos, ex-ministre de la Nouvelle Démocratie, est très indicatif d’ailleurs; ce monsieur-là écrivit un tout petit texte d’environ 6.500 mots et il le publia en tant que livre de 51 pages! Andrianopoulos, qui n’a jamais étudié l’Islam, jamais suivi un séminaire d’islamologie, jamais effectué des recherches orientalistes, écrivit pour “Le fanatisme islamiste et les dangers qui en résultent pour la Grèce”. Il fut pourtant prouvé dans une revue scientifique (Journal of Oriental and African Studies, No. 2,1990, p. 270-272) qu’Andrianopoulos n’a même pas lu la bibliographie qu’il présenta! Pour ce député actuel la Turquie et la Syrie existaient en tant qu’Etats avant 1914 (!!), époque à laquelle il y aurait des “émirats” en Mésopotamie (!!). En plus, les Balouachis (Iran du Sud-Est et Pakistan du Sud-Ouest) qui sont des Sunnites, sont présentés en tant que “partie importante de la majorité chiite (et non pas sunnite, comme il faudrait) de la population musulmane de l’Asie Centrale Soviétique”!!!!

Le fameux livre de mon ancien professeur à l’E.P.H.E. (IVe section), Maxime Rodinson, “Les Arabes”, fut malheureusement traduit en grec. Le traducteur a su traduire le terme “Sudarabique” (pour les Yéménites préislamiques) par “Arabe Saoudite”, comme si la famille d’Ibn Saoud vivait avant Mahomet! Il serait ici important d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de département “Traduction-Interprétation” dans les Universités grecques et que les maisons de publication ne demandent pas de traducteurs diplômés. Il arrive que des Grecs, qui n’ont pas obtenu même un “Certificat” (octroyé par l’Institut Français d’Athènes) ou un “First Certificate” (octroyé par le British Coun-cil of Athens), traduisent des livres d’éminents savants et auteurs étrangers.

Il y a l’opinion que les Occidentaux, et plus particulièrement les Français, sont des idiots; il y a même le mot “Koutofranghi” pour “Français-idiots”. Cela est dû à la haine antioccidentale et antifrançaise de l’église grecque.

Comment pouvait-on d’ailleurs procéder autrement dans un pays, où les Lumières ont été considérées comme P”oeuvre satanique de la Franc-Maçonnerie” et les obscurantistes ont créé pour leurs rivaux (qui étaient peu nombreux d’ailleurs) le terme “luminatistes” (fotadistès), attribué à d’excellents chercheurs, tel Mr. A. Dimaras, bien connu à l’étranger.

Depuis la décision de Caramanlis de demander l’adhésion de la Grèce aux CEE tout l’établissement politique-intellectuel-universitaire grec a pris la décision de ne plus permettre à personne de diffuser les liens, même contemporains, existant entre la Grèce et le Moyen-Orient, afin de ne pas nuire à ses intérêts politiques, économiques etc. La réponse serait pourtant facile à Mar-tis, ex-ministre de Caramanlis, qui aussi parla contre le livre de Jean-Baptiste Duroselle: Alexandre le Grand n’est pas sorti de la frontière occidentale de son pays, tandis qu’il est allé plus de 3.500 km. (en ligne directe) vers l’Est!!!

Il y a en Grèce beaucoup de gens et de savants qui partageraient ces opinions et analyses, mais ils ne le font pas publiquement, puisqu’ils travaillent au secteur publique et ils auraient beaucoup d’ennuis. Cette situation correspondrait parfaitement bien à ce qu’on entend par “terrorisme intellectuel”.

Il en résulte que la Grèce n’est pas un pays européen et qu’il serait opportun de reconsidérer la politique communautaire à l’égard d’un pays du Tiers-Monde, qui se trouve sur le territoire européen grâce à un accident historique; d’autant plus que ce pays est bien plus arriéré -au niveau académique et intellectuel- que bien des pays asiatiques, africains ou sudaméricains. A la veille de la réunification du continent européen, où la Russie libérale et la Turquie à Etat laïc auraient de plein droit leur place, tout en offrant à l’Europe son universalité, û serait bien plus intéressant d’envisager l’albanisation de la Grèce, en se débarassant de la sorte du lourd et inefficace fardeau que l’aide communautaire impose à l’économie européenne. ———————-
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– ATATÜRK ARAŞTIRMA MERKEZİ DERGİSİ, Sayı 29, Cilt: X, Temmuz 1994   © Atatürk Araştırma Merkezi
http://www.atam.gov.tr

Αναρτήθηκε από Dimitri Kitsikis στις 1:42 μ.μ. 

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2 σχόλια:

  1.  

Dimitri Kitsikis13 Φεβρουαρίου 2018 – 2:13 μ.μ.

Mégalommatis renoue avec la tradition bourgeoise grecque du XIXe siècle, au temps de l’Empire ottoman, quand la diaspora des intellectuels, tels que Kavafis, ou des hommes d’affaires, tels que Avéroff,s’installait dans les Balkans,le Proche-Orient et l’Afrique, sur toute l’étendue de la Région intermédiaire,dépassant les limites étroites des nationalismes obtus,pour enrichir le patrimoine commun de la planète. Mégalommatis,tel Rimbaud ou Lawrence d’Arabie, poursuit ses aventures intellectuelles et politiques au-delà de toute frontière exiguë de préjugés linguistiques, religieux ou ethniques et semble, à ce jour, infatigable. Dimitri Kitsikis

Απάντηση

Megalommatis17 Φεβρουαρίου 2018 – 3:33 π.μ.

Merci, monsieur le professeur, de votre intérêt pour ma modeste personne! Votre éloge, bien que démesuré, est cordialement apprécié. En fait, j’appartiens à une famille de commerçants, de boursiers et de fonctionnaires d’État pour qui les déplacements étaient de rigueur. Moi, je n’ai fait qu’ étendre le terrain de mon parcours; de Maroc à Pékin et de Moscou au Mozambique. Mon ancien professeur d’égyptologie, Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l’académie des inscriptions et belles lettres, l’ avait bien compris, lui aussi. Quand je lui ai annoncé mon adhésion à l’islam, il m’a répondu: “Vous étiez Cosmas Indicopleustès, vous serez Ibn Battûta”. Mais, en dépit de tant d’adversités, je ne porte pas plainte contre qui que ce soit. Depuis le temps de mes études en France, je savais qu’il n’y avait dans ma vie qu’une réalité; c’était le titre d’un livre écrit par une personne de grande noblesse, à savoir Isabelle d’Orléans-Bragance: tout m’est bonheur! Et c’est pour cela que, dans les adversités qui arrivent prochainement, j’espère que ce pays trouvera la force de renoncer à la perversité du régime républicain et renouer avec la monarchie et l’Ancien régime. C’est alors que tous les gens désorientés et dépourvus d’identité salueront le réveil de la Gaule immortelle!
Muhammad Shamsaddin Megalommatis
Déjà en bateau dans le port d’Assouan






Monday, July 26, 2021

Φοινικική-Σημιτική Κύπρος & Ανατολιακή-Λιβυκή Κρήτη: ούτε ελληνικά νησιά είναι, ούτε και ανήκαν ποτέ στην Ελλάδα πριν τον 20ο αιώνα


 Ό,τι ακολουθεί είναι μία σύντομη αλληλογραφία την οποία είχα τον περασμένο Μάιο (2021) με ένα Ελλαδίτη εγκατεστημένο (σοφά) στην υπέροχη Αλβανία αναφορικά με το πρόβλημα της Κύπρου, το οποίο εγνώρισα από κοντά κατά την δεκαετία ο 1990, όταν εργαζόμουν και ζούσα στην Τουρκική Δημοκρατία της Βόρειας Κύπρου. Ο φίλος επιστολογράφος με πληροφόρησε για μία αρκετά έξυπνη, αν και πολιτικά μη υλοποιήσιμη, ιδέα την οποία είχε για την επίλυση του Κυπριακού.

Αυτή η ιδέα του φίλου επιστολογράφου θα έπρεπε να είχε υποβληθεί προ αιώνος στους διαπραγματευτές της Συνθήκης της Λωζάννης, και πιθανόν και οι Τούρκοι και οι Έλληνες να συμφωνούσαν, πλην όμως σαφέστατα θα διαφωνούσαν οι Άγγλοι, οι οποίοι παράνομα κατείχαν το ασιατικό νησί, το οποίο σήμερα -κολοβωμένο και με μια τρισάθλια, δυτικότροπη κι αντίχριστη μουτσούνα- παριστάνει το μέλος της Ευρωπαϊκής Ένωσης. 

Με δυο λόγια, ο ευρηματικός φίλος πρότεινε να είχε επισυμβεί ανταλλαγή πληθυσμών μεταξύ Τουρκοκρητικών και Χριστιανών Ορθοδόξων Κυπρίων το 1922: να είχαν μεταφερθεί οι πρώτοι στην Κύπρο και οι δεύτεροι στην Κρήτη. Προσωπικά, δεν πιστεύω ότι ταιριάζουν οι Τουρκοκρητικοί με τους Τουρκο-κύπριους παρά την κοινή θρησκεία και την κοινή γλώσσα. Φυλετικά είναι διαφορετικοί και νοοτροπικά-συμπεριφορικά αποτελούν δυο διαφορετικούς κόσμους. 

Τώρα, ανάμεσα στους Χριστιανούς Ορθόδοξους Κρητικούς και τους ομόθρησκούς τους Κυπρίους, υπάρχει μία άβυσσος. Ούτε κοινή φυλετική καταγωγή έχουν αυτοί οι πληθυσμοί, ούτε κοινή γλώσσα: το ότι έμαθαν την νεοελληνική ψευτογλώσσα του κρατιδίου Αθηνών δεν τους κάνει να έχουν τίποτα άλλο κοινό βασικά εκτός από την … θρησκεία τους. Στα χρόνια της Σοβιετικής Ένωσης και οι Γεωργιανοί και οι Ουκρανοί ήταν Χριστιανοί Ορθόδοξοι και αμφότεροι οι λαοί μιλούσαν τα ρωσσικά, την γλώσσα που τους είχαν επιβάλει. Το ίδιο συνέβη και στην περίπτωση των Κυπρίων και των Κρητικών με τα νεοελληνικά. 

Οι σημερινοί κάτοικοι της Κρήτης είναι εξάλλου σε ένα ποσοστό τους Μικρασιάτες Ρωμιοί στο μέτωπο των οποίων παναθλίως κολλήθηκε η ψευδο-ταμπέλα (ή μάλλον ‘ρετσινιά’) ‘Έλληνας’, όπως άλλωστε και στους (φυλετικά άσχετους με τους Μικρασιάτες) γηγενείς Κρητικούς. 

Οι Κύπριοι είναι ένα φοινικικό σημιτικό φύλο, η λέξη Κύπρος είναι φοινικική, και το αρχικό όνομα το νησιού ήταν Αλάσια. Όποιος διαβάσει τις Περιπέτειες του Ουεναμούν, ένα αρχαίο αιγυπτιακό κείμενο του 11ου προχριστιανικού αιώνα, καταλαβαίνει τι του έχουν κρύψει οι Νεο-Ναζί ρατσιστές ψευτο-Έλληνες του ονομαστικά ανεξάρτητου κρατιδίου Αθηνών. Η Κύπρος ήταν φοινικική, χιττιτική, ασσυριακή, βαβυλωνιακή, ιρανική και αιγυπτιακή, αλλά δεν ήταν ποτέ ελληνική. 

Να τι το σημερινό μιξοβάρβαρο, σωβινιστικό, και υστερικό καθεστώς Αθηνών δεν θέλει να μάθει ο μέσος κάτοικος της χώρας: μετά τον θάνατο του Μεγάλου Αλεξάνδρου στην πρωτεύουσα Βαβυλώνα και την διάλυση του πρόσκαιρου κράτους του, η Κύπρος διεκδικήθηκε από τους Πτολεμαίους της Αιγύπτου, οι οποίοι ασκούσαν εξουσία στην Κοιλάδα του Νείλου ως Φαραώ, και από τους Σελευκιδείς της Συρίας, οι οποίοι βασίλευαν ως Βαβυλώνιοι στην Συρία και την Μεσοποταμία. Ποτέ, ούτε οι βασιλείς της Μακεδονίας, ούτε οι ασήμαντοι ηγεμονίσκοι των ελληνικών πόλεων-κρατών στην Στερεά Ελλάδα και την Πελοπόννησο διανοήθηκαν να διεκδικήσουν την Κύπρο: το νησί δεν ήταν ποτέ ελληνικό και ποτέ μακεδονικό. 

Οι μεταγενέστερες επιμειξίες με Ρωμαίους, Αραμαίους, Άραβες, και Λατίνους Σταυροφόρους δεν προσέθεσαν ούτε μισή σταγόνα ελληνικού αίματος στις φλέβες των Κυπρίων. Και η γλώσσα τους, η οποία είναι η μόνη εθνική γλώσσα γι’ αυτούς και πρέπει να αντικαταστήσει τα παρασκευασμένα τερατώδη ψευτο-νεοελληνικά (των Κοραή, Μιστριώτη, Ψυχάρη, καθώς και άλλων ρεμπεσκέδων της κακιάς ώρας) δεν είναι μία ‘νεοελληνική’ διάλεκτος αλλά μία ρωμέικη γλώσσα, συνέχεια των ρωμέικων της Ρωμανίας και μία από τις πολλές νεώτερες ρωμέικες γλώσσες τις οποίες τεκμηριώνει θαυμάσια η Βαβυλωνία του Δημήτριου Βυζάντιου. 

Οι Κρητικοί ήταν πάντοτε ένα μείγμα ανατολιακών, πελασγικών (γηγενών μη ελληνικών), χαναανικών, και βερβερικών (λιβυκών) φύλων, τα οποία ακριβώς επειδή ήταν πολύ διαφορετικά μεταξύ τους ήδη κατά την 2η προχριστιανική χιλιετία έγραφαν τις πολλές γλώσσες τους με πολλές και μεταξύ τους διαφορετικές γραφές. Εποικισμένη από ποικίλους λαούς κατά τα ισλαμικά χρόνια, κυρίως Βέρβερους και Αιγύπτιους, η ανακατειλημμένη Κρήτη της Ρωμανίας ήταν ένα χριστιανικό νησί όπου πρώην μουσουλμάνοι έμαθαν ρωμέικα και άλλαξαν θρήσκευμα για να επιζήσουν. Και τα κρητικά δεν είναι παρά μία άλλη ρωμέικη γλώσσα την οποία το παρανοϊκό καθεστώς Αθηνών επιχείρησε να εξοντώσει από την ψευδο-ελληνική λύσσα του. Αλλά όσοι οι Αφρικανοί των ΗΠΑ “έγιναν” Αγγλοσάξωνες επειδή μιλούν τα αγγλικά ως μητρική γλώσσα, άλλο τόσο έγιναν και οι Κρητικοί … “Έλληνες”!



Κεφτιού σε αρχαία αιγυπτιακή αναπαράσταση: αυτοί είναι οι Κρήτες


Κεφτιού Κρητικοί μεταφέρουν δώρα προς τον φαραώ: από τοιχογραφίες του τάφου του Ρεχμαρέ, ‘πρωθυπουργού’ του Τούθμωση Γ‘.


Κεφτιού αιχμάλωτοι απεικονιζόμενοι με ένδειξη της εθνικής καταγωγής τους (εντός του πλαισίου αναγράφεται σε αιγυπτιακά ιερογλυφικά ‘Κεφτιού’)


Τοιχογραφία από τον τάφο του Ρεχμαρέ (Rekhmire tomb, TT100 – Sheikh Abd el-Qurna) στο Αμπντ ελ Γκούρνα των Δυτικών Θηβών (Λούξορ) Σχετικά: https://www.osirisnet.net/tombes/nobles/rekhmire100/e_rekhmire100_01.htm   


Η Κρήτη εξηρτάτο πάντοτε από την Κωνσταντινούπολη-Ιστάνμπουλ και δεν είχε ποτέ κανενός είδους σχέση με την Ελλάδα πριν από τον 20ο αιώνα. Το δε επάρατο και αποικιοκρατικό καθεστώς Αθηνών δεν επεφύλαξε στο δύσμοιρο νησί ούτε καν μία σιδηροδρομική γραμμή, ενώ ακόμη και οι Άγγλοι αποικιοκράτες έστησαν πάνω από 100 χμ σιδηρόδρομο στην Κύπρο (ο οποίος λειτουργούσε κατά τν περίοδο 1900-1950), όπως άλλωστε και οι Φράγκοι (“Γάλλοι”) εγκατέστησαν chemin de fer στην ούτως ή άλλως μη γαλλική Κορσική. Σχετικά: https://el.wikipedia.org/wiki/Κυπριακός_Κυβερνητικός_Σιδηρόδρομος



Το σιδηροδρομικό δίκτυο της Κύπρου όταν το νησί ήταν και ενωμένο και μονιασμένο και επαρκώς εξελιγμένο. Τα αντίχριστα καθάρματα της ΕΟΚΑ ήταν τα πρώτα θύματα της ρατσιστικής πανούκλας την οποία εξήγαγε το σάπιο ψευτο-κρατίδιο Αθηνών ως μολυσματική ασθένεια και πρόκληση αντι-τουρκικού μίσους.


Η πρώτη μηχανή των κυπριακών σιδηροδρόμων: όμως η κατακτημένη από το νεο-ελληνικό κράτος Κρήτη δεν έσωσε να έχει ποτέ της σιδηρόδρομο, επειδή τα ερεβώδη ψευδο-πανεπιστήμια της Ελλάδας διδάσκουν και εξάγουν μόνον τύφλα, άγνοια, αμορφωσιά και ρατσιστική ψευτο-ιστορία.   

Έτσι, καταλαβαίνετε εύκολα πότε ακριβώς οι Κύπριοι και οι Κρητικοί ζούσαν καλλίτερα: όταν ήταν ολότελα άσχετοι και ανεξάρτητοι από το καθεστώς Αθηνών. Σύντομα άλλωστε όλοι θα αντιληφθούν ότι το μόνο κακό το οποίο συνέβηκε στα Νότια Βαλκάνια τα τελευταία 200 χρόνια ήταν η παρασκευή του προκάτ ψευδοκράτους “Ελλάδα” του οποίου η συντριπτική συντριβή επέρχεται. 

——– Πρόταση φίλου επιστολογράφου για ανταλλαγή πληθυσμών Κρήτης και Κύπρου το 1922 ——- 


Καλησπέρα. Εγώ είχα μία άλλη άποψη για την Κρήτη και το 1922. Θα έπρεπε να είχε γίνει ανταλλαγή πληθυσμών ανάμεσα σε Κρήτη και Κύπρο. Οι Τουρκοκρητικοί θα έπρεπε να είχαν μεταφερθεί στην Κύπρο και οι Ελληνοκύπριοι στην Κρήτη, έτσι ώστε στην Κρήτη να υπάρξει αμιγώς ελληνικός πληθυσμός και στην Κύπρο αμιγώς τουρκικός πληθυσμός.


---------------- Η Απάντησή μου -------------------------------

 

 

Καλησπέρα από Τουρφάν,

Αυτό το οποίο μου γράφεις είναι μία από τις πιο πρωτότυπες ιδέες που έχω ακούσει αναφορικά με τα δύο μεγάλα νησιά της Ανατολικής Μεσογείου!

 

Υποθέτω ότι είτε τώρα την αναφέρεις σε κάποιους Τούρκους είτε τότε (1922) σε κάποιους άλλους (υπό την προϋπόθεση ότι θα ζούσες σε εκείνα τα χρόνια), αρκετοί θα σε άκουγαν με προσοχή.

 

Βεβαίως είναι τεχνικώς έξυπνη λύση – σαφώς υπέρ της Τουρκίας μετά το τέλος των οθωμανικών χρόνων.

 

Αλλά θα ήταν εν γένει ανέφικτη επειδή θα απαιτούσε συμφωνία και της Αγγλίας, η οποία είχε υπό αποικιοκρατική κατοχή την Κύπρο.

 

Αλλά εδώ θα τραβήξω μία γραμμή για να πάω παρακάτω: η πρότασή σου, αν θα εφαρμοζόταν, θα έδειχνε ότι εμπεριείχε σοβαρά προβλήματα σε καθαρά φυσικό, δηλάδή ανθρωπολογικό και κοινωνιολογικό επίπεδο.

 

Με άλλα λόγια, η τεχνικώς έξυπνη λύση σου θα χρησίμευε σε όσους θα ήθελαν να διατηρούν και τα δύο νησιά σε αναταραχή!

 

Γιατί; Χμ! Δεν γνωρίζω τι επαφές, επικοινωνίες, γνωριμίες και αντίληψη έχεις για Τουρκο-κρητικούς, Ελληνο-κρητικούς, Ελληνοκύπριους και Τουρκοκύπριους.... 

 

Προσωπικά έχω ζήσει και εργαστεί στην Τουρκική Δημοκρατία της Βόρειας Κύπρου (1994-1996). Είμαι ο μόνος Έλληνας πολίτης, ο οποίος εργαζόμενος στην Μαγόσα (Αμμόχωστο) συναντούσε τον Ραούφ Ντενκτάς στο γραφείο του στην Λεφκόσα (Λευκωσία). Είχα και προσωπικές σχέσεις με Τουρκοκύπριες.

 

Έχω επίσης ταξιδέψει (νωρίτερα) στο νότιο τμήμα το οποίο βρίσκεται υπό ελληνοκυπριακή διοίκηση. Επί πλέον έχω γνωρίσει Τουρκο-κρητικούς στην Τουρκία (Ιζμίρ/Σμύρνη, Αϋντίν, Μαγνησία/Μανίσα). Και τέλος, έχω γνωρίσει όλες τις γωνιές του νησιού μέχρι και την άκρη του Ντιπκαρπάς (Ριζοκάρπασου), όπου και διανυκτέρευσα σε σκηνή στο μικρό νησάκι πέρα από την άκρη της χερσονήσου.

 

Εξίσου όμως, έχω επανειλημμένα ταξιδεύσει στην Κρήτη, όπου μένουν ακόμη συγγενείς μου (των οποίων οι πρόγονοι κατέφυγαν εκεί από την Μικρά Ασία μετά την ανταλλαγή πληθυσμών), είχα προσωπικές σχέσεις με Κρητικιές, και έχω γυρίσει τα βουνά και τα παράλια του νησιού, πλέοντας επίσης και μέχρι την Γαύδο.

 

Η γνώμη μου για τα τέσσερα τμήματα πληθυσμού στα οποία αναφερόμαστε είναι η εξής:

 

Σε μέσες άκρες οι Κύπριοι βασικά αντιπαθούν τους Τούρκους και τους Έλληνες (οι Τουρκοκύπριοι τους Τούρκους και οι Ελληνοκύπριοι τους Έλληνες) και οι Κρήτες αντιπαθούν τους Τούρκους και τους Έλληνες (οι Τουρκο-κρητικοί τους Τούρκους και οι Ελληνο-κρητικοί τους Έλληνες). Φυσικά, οι αντίστοιχες ελίτ είναι συμβιβασμένες και εξαρτημένες από τις ελίτ των μητροπόλεων.

 

Σχετικά λίγοι Τουρκοκύπριοι φοιτητές μου έκαναν παρέα με Τούρκους και στην κάθε περίπτωση αυτό ήταν ένα θέμα Κεμαλιστών και κεντρο-αριστερών. Σε μεγάλο βαθμό οι Τουρκοκύπριοι αντιπαθούν τους έποικους, και στο θέμα αυτό η Τουρκία έκανε ένα λάθος από την ανακήρυξη της Τουρκικής Δημοκρατίας της Βόρειας Κύπρου και μετά. Έστελνε κάθε τόσο και λίγους έποικους αλλά δεν έστελνε τους σωστούς έποικους.

 

Θα έπρεπε να είναι οι σωστοί έποικοι, δηλαδή εκείνοι οι οποίοι θα μπορούσαν να γίνουν πολιτισμικώς "ένα" με τους Τουρκοκύπριους. Αυτό σημαίνει ότι θα έπρεπε να είναι Τούρκοι από την Αλάνυα, το Κας, την Μαρμαρίδα, το Μπόντρουμ και την Αντάλυα. Ή ακόμη από εντελώς 'απέναντι', δηλαδή την Σιλιφκέ, την Μερσίνα, τα Άδανα και το Τασουτζού. Θα έπρεπε να αποσταλούν έποικοι με προορισμό να επισυμβούν πολλοί μεικτοί γάμοι – κάτι που κάνουν Τουρκοκύπριοι στην Τουρκία (στην Πόλη, στη Σμύρνη και αλλού) αλλά όχι στην Βόρεια Κύπρο.

 

Θα έπρεπε να επικρατήσει ένα "θέμα" ("theme") στον εποικισμό, ας πούμε "Ας κάνουμε την Βόρεια Κύπρο .... μια νησιώτικη Αντάλυα"!

 

Με άλλα λόγια θα έπρπε η Τουρκία να ενδιαφερθεί να μετακινήσει μία μεγάλη μερίδα Τουρκοκυπρίων που προσβλέπουν στην Αγγλία ως μητρόπολη του συγχρονισμού και του μοντερνισμού και να τους κάνει να θεωρήσουν την Τουρκία πιο ελκυστική ως "μοντέρνα" και "πιο σύγχρονη" από την Αγγλία.

 

Αλλά Τούρκοι από το Ερζερούμ ή την Γιοζγκάτ ή το Αρνταχάν, και ισλαμιστές να μην είναι, είναι ένας άλλος κόσμος. Τελείως! Ο Τούρκος του Ερζερούμ, ο Ουζμπέκος, ο Ουϊγούρος, ο Κιργίζιος και ο Μπασκίρος της Ρωσίας είναι πιο κοντά αναμεταξύ τους από όσο ο Τούρκος του Ερζερούμ με τον Τουρκοκύπριο.

 

Ξέρεις με ποιούς είναι πιο κοντά οι Τουρκοκύπριοι πολιτισμικά και συμπεριφορικά, αν αφαιρέσουμε τους Τούρκους των παραλίων από το Αϊβαλί μέχρι το Ισκεντερούν; Με τους Σύριους των παραλίων (Ταρτούς και Λαοδίκεια) και με τους Λιβανέζους. Όχι με τους Παλαιστίνιους ή τους Αιγύπτιους.

 

Αλλά για να επανέλθω στο πρόβλημα το οποίο θα εμπεριείχε η πρότασή σου αν εφαρμοζόταν, θα στο περιγράψω ακροθιγώς:

 

Παρά τα προαναφερμένα, οι Ελληνοκύπριοι δεν ταιριάζουν καθόλου με τους Ελληνο-κρητικούς και οι Τουρκοκύπριοι δεν έχουν πολλά κοινά με τους Τουρκο-κρητικούς.

 

Και στις δύο περιπτώσεις νησιών, οι γηγενείς τα πηγαίναν καλλίτερα μεταξύ τους, δηλαδή Ελληνοκύπριοι και Τουρκοκύπριοι μαζί και Τουρκο-κρητικοί με Ελληνο-κρητικούς.

 

Ασχέτως θρησκείας και γλώσσας, η γη (και στην περίπτωση αυτή το νησί) διαμορφώνει τον χαρακτήρα του κάθε ανθρώπου και της κάθε τοπικής κοινωνίας σε πολύ σημαντικό βαθμό. Και στην περίπτωση αυτή, ακόμη και αν αφαιρέσεις κάθε θρησκευτική και γλωσσική διαφορά, κάθε εθνικισμό και κάθε πολιτική τάση, οι δυο νησιωτικοί λαοί αυτοί δεν ταιριάζουν μεταξύ τους.

 

Ο μέσος Κρητικός και ο μέσος Κύπριος είναι πολύ διαφορετικοί άνθρωποι. Και έχουν πολύ διαφορετικές γλώσσες, όπως ξέρεις. Αν ο Κρητικός μιλήσει κρητικά και ο Κύπριος κυπριακά, δεν καταλαβαίνονται. Αυτό ισχύει και στις τέσσερις κοινότητες.

 

Ωστόσο, αυτό δεν είναι μία μεμονωμένη κατάσταση. Γνωρίζω και τα τρία μεγάλα νησιά του Τυρρηνικού πελάγους πολύ καλά. Ο μέσος Σικελός και ο μέσος Σαρδήνιος είναι δυο ολότελα διαφορετικά άτομα. Ο Σικελός είναι πολύ πιο κοντά στον μέσο Καλάβριο και ο Σαρδήνιος πιο κοντά στο μέσο Γενοβέζο. Και οι Κορσικανοί (οι οποίοι δεν είναι Γάλλοι με την θέλησή τους) είναι ολότελα διαφορετικοί και άσχετοι από τους δύο άλλους νησιωτικούς λαούς.

 

Το ίδιο ισχύει παντού: δεν έχω πάει στην Ινδονησία αλλά έχω πολλούς φίλους από εκεί. Άλλο Σουμάτρα, άλλο Ιάβα, άλλο Καλιμαντάν (Μπόρνεο), άλλο Τσελεμπές (Σουλαβέσι) και άλλο Μολούκας!

 

Πρόσεξέ το και στην Ελλάδα: θα έβαζες τους Ροδίτες και τους Κερκυραίους να ζήσουν μαζί; Δεν γίνεται. Δεν ταιριάζουν. Είναι ολότελα διαφορετικοί μεταξύ τους. Για να μην προχωρήσω σε μικρότερο τοπικιστικό επίπεδο και αναφερθώ στην διαφορά ανάμεσα σε Ανδριώτες και Ναξιώτες, κοκ.

 

Σε επίπεδο διακυβέρνησης ή ακόμη και σύγχρονης πολιτικής, οι πάμπολλοι τοπικισμοί είναι ενοχλητικοί και οι περισσότεροι προσπαθούν να τους συγκαλύψουν ή να τους φιμώσουν, αλλά αυτό και παρά φύσιν είναι και φέρνει χειρότερα αποτελέσματα ως αντίδραση.

 

Υπάρχει μεγάλη διαφορά τοπικισμών ακόμη και σε ηπειρωτικό επίπεδο. Και συχνά δημιουργείται αντιζηλία, ανταγωνισμός ή και αντιπάθεια. Σεβαστεία και Καισάρεια στην σημερινή Καππαδοκία είναι δυο διαφορετικοί κόσμοι. Στο βιβλίο μου 'Έξι Άστρα της Ανατολής' περιέγραψα την διαφορά τοπικισμών ανάμεσα στην Ούρφα (Έδεσσα της Οσροηνής) και το Ντιγιάρμπεκιρ (Άμιδα).

 

Ανάλογες καταστάσεις υπάρχουν παντού και δεν κάνω λόγο για μεγάλες 'αντιζηλίες' οι οποίες σχετίζονται με την επιλογή μίας πόλης ως πρωτεύουσας, όπως Άγκυρα και Σταμπούλ, ή Αθήνα και Θεσσαλονίκη, ή Κάιρο και Αλεξάνδρεια, κοκ. 

 

Σιράζ και Ταμπρίζ ή Σιράζ και Αχβάζ στο Ιράν, Χεράτ και Καντάχαρ στο Αφγανιστάν, Μπουχάρα και Σαμαρκάνδη στο Ουζμπεκιστάν, Ουρούμκι και Κασγκάρ στο Ανατολικό Τουρκεστάν, Φες και Μαρακές στο Μαρόκο, κοκ.

 

Είναι ωραία η σκέψη σου αλλά μόνο σε τεχνικό επίπεδο. Ναι, θα είχε νόημα κάτι τέτοιο. Αλλά δεν γινόταν σε πολιτικό επίπεδο. Και αν θα γινόταν, θα προξενούσε προβλήματα σε ανθρωπολογικό επίπεδο.

 

Πέρα από τα προαναφερμένα υπάρχει και ένα πολύ διαφορετικό ιστορικό υπόβαθρο.

 

Στην Αρχαιότητα, δηλαδή στην δεύτερη προχριστιανική χιλιετία, η Κύπρος ονομαζόταν Αλάσια. Ήταν κατοικημένη από Χαναανίτες, δηλαδή Σημίτες προγόνους των Φοινίκων (οι Φοίνικες είναι οι Χαναανίτες της πρώτης προ-χριστιανικής χιλιετίας). Η λέξη 'Κύπρος' είναι φοινικική: κουμπρ σημαίνει 'όχθη' και η Κύπρος ήταν η απέναντι όχθη της Φοινίκης.

 

Η Κύπρος δεν ήταν ποτέ ένα ελληνικό νησί. Αυτό είναι συστηματική πλαστογράφηση της Ιστορίας και διαστρέβλωση των ανασκαφικών δεδομένων. Υπήρξε ένας περιορισμένος και ύστερος ελληνικός αποικισμός αλλά αυτός σε τίποτα δεν μεταβάλλει την φοινικική ιστορική ταυτότητα της Κύπρου. Το πρώτο όνομα γνωστού ιστορικού προσώπου από την Κύπρο είναι η βασίλισσα Χατίμπα (ένα απολύτως σημιτικό όνομα) την οποία αναφέρει το αιγυπτιακό ιερατικό κείμενο του Ουεναμούν (χρονολογούμενο γύρω στο 1075 πτεμ). Σχετικά:

https://ouenamon.wordpress.com/

(στα δεξιά κάτω από το ημερολόγιο θα βρεις τον τίτλο ΚΕΦΆΛΑΙΑ ΤΟΥ ΒΙΒΛΊΟΥ. Εκεί θα κάνεις κλικ για να τα διαβάσεις με την σειρά. Η αναφορά στην βασίλισσα γίνεται στις δυο τελευταίες σελίδες του κειμένου / μετάφρασης)

 

Σημειωτέον ότι την δεύτερη προχριστιανική χιλιετία η Κύπρος ήταν ήδη για αρκετούς αιώνες χιττιτικό έδαφος, και στην πρώτη προχριστιανική χιλιετία το νησί ανήκε διαδοχικά σε Ασσυρία, Βαβυλώνα, Αχαιμενιδικό Ιράν, Σελευκιδική Συρία, Πτολεμαϊκή Αίγυπτο και Ρώμη – ως φοινικικό έδαφος με αρχαιοελληνική και αργότερα ρωμαϊκή μειονότητα. Και ο όποιος, υπέρμετρα μεγενθυμένος εξελληνισμός ήταν γλωσσικός και όχι φυλετικός. Επίσης, οι ψευτοϊστορίες, οι οποίες έχουν γραφεί συχνά ως προϊόν άνομων συναλλαγών και διαφθοράς, είναι λαθεμένες και σε επίπεδο θεωρητικής σύλληψης. Η Ιστορία ενός τόπου δεν είναι η ιστορία της τοπικής ελίτ αλλά του ίδιου του λαού (και σε επίπεδο χρόνου του έθνους) ο οποίος κυρίως διαμόρφωσε τα πάντα με βάση την παιδεία, κουλτούρα, πολιτισμό, πίστεις, δοξασίες και παραδόσεις του.

 

Τώρα, ενώ η Κύπρος είναι ιστορικά ένα σημιτικό-φοινικικό νησί, το οποίο εκχριστιανίστηκε/εκρωμαΐστηκε και στη συνέχεια εξισλαμίστηκε/εκτουρκίστηκε, η Κρήτη δεν είχε ποτέ μία εθνική ή πολιτιστική ταυτότητα. Ήταν ένα πιο ιδιαίτερο νησί κατοικούμενο ήδη από την 3η προχριστιανική χιλιετία από διαφορετικά έθνη, και αυτό φαίνεται από το γεγονός ότι στην Κρήτη έχουν ανευρεθεί κείμενα γραμμένα σε δύο διαφορετικές μεταξύ τους ιδεογραμματικές (ιερογλυφικές) γραφές, σε μία γραμμική συλλαβογραμματική γραφή (Γραμμική Α') και στην γραφή του Δίσκου της Φαιστού, δηλαδή σε τέσσερις διαφορετικές γραφές – ήδη πριν αποβιβαστούν (μετά το 1600 πτεμ) στο νησί οι Αχαιοί (Μυκηναίοι), οι έγραφαν στην δική τους γραμμική συλλαβογραμματική γραφή (Γραμμική Β').



 Η Ανατολή από το 1500 μέχρι το 1350 πτεμ: Μιτάννι, Χιττίτες, Αίγυπτος, Βαβυλώνα, Ασσυρία, χαναανικά βασίλεια (ιδιαίτερα η Ουγκαρίτ) και το νησί της Αλάσια (Κύπρου)


Ανταγωνισμός Χιττιτών – Αιγύπτου στην Χαναάν


Η άνοδος των Χιττιτών οδήγησε σταδιακά το χουριτικό κράτος Μιτάννι σε διάλυση.


Η μείζων επέκταση της Κεμέτ (Αιγύπτου) επί Τούθμωση Γ’ στα μισά του 15ου αιώνα δεν κράτησε επί μακρόν. Στα χρόνια εκείνα, η Αίγυπτος ήταν μία επιμήκης χώρα με μήκος 3000 χμ: το μεγαλύτερο κράτος του κόσμου.


Τα τέσσερα έθνη που ζούσαν στην Κρήτη προ του 1600 πτεμ πρέπει να είναι:

- οι Καεφτιού (επίσης γνωστοί ως Καφθώρ), οι οποίοι πρέπει να θεωρηθούν ως ένα ανατολιακό φύλο σχετικό με τους Κάρες και έντονα επηρεασμένο πολιτισμικά από την Αίγυπτο: ιερογλυφικά κείμενα τα οποία περιγράφουν τους Καεφτιού κάνουν λόγο και για τον Ώρο των Καεφτιού, συνεπώς μία εμφανώς αιγυπτιακή θεότητα ως κυρίαρχη ανάμεσα στους κατοίκους αυτούς της Κρήτης.

https://en.wikipedia.org/wiki/Caphtor

 

- οι Πελεσέτ-Πελασγοί-Φιλισταίοι (πρόγονοι των Παλαιστινίων), οι οποίοι δεν κατοικούσαν μόνο την Κρήτη αλλά επίσης το Αιγαίο και την ηπειρωτική νότια βαλκανική χώρα, όπου οι Αχαιοί (θεωρούμενη ως πρώτη 'ελληνική' φυλή – γελοίος και ανιστόρητος όρος) αποτελούσαν μία μειονότητα ανάμεσά τους. Σύμμαχοι των Τρωαδιτών (Ταρουΐσα και Ταρουΐγια: γνωστοί από χιττιτικά κείμενα), των Καεφτιού και των λοιπών εθνών της (γνωστής από χιττιτικά κείμενα) συμμαχίας των Λούκκα (Λυκία), είχαν σαφώς ζημιωθεί από την συμμαχία της αυτοκρατορίας των Χιττιτών με τα μικρά αχαϊκά βασίλεια των Μυκηνών και της Θήβας.

https://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_the_name_%22Palestine%22

https://en.wikipedia.org/wiki/Pelasgians

 

- ένα χαναανικό φύλο, το οποίο είχε επινοήσει και χρησιμοποιούσε την εν μέρει αποκρυπτογραφημένη Γραμμική Α', πιθανώτατα οι Τσέκερ (Τεύκροι/Ζάκρο). και

https://en.wikipedia.org/wiki/Sea_Peoples

https://en.wikipedia.org/wiki/King_Teucer

 

- ένα βερβερικό ('λιβυκό') φύλο, το οποίο ήταν πιθανώτατα το πολυπληθέστερο.

 

Η κατάσταση φαίνεται ότι ήταν ειρηνική ανάμεσα στα διάφορα βασίλεια της Κρήτης έως την αχαϊκή κατάκτηση, η οποία έγινε σε απόλυτη συμφωνία με τους Χιττίτες, των οποίων οι Αχαιοί ήταν συγγενείς, σύμμαχοι, υποτελείς και τοποτηρητές των συμφερόντων στα δυτικά.

 

Η αχαϊκή κατάκτηση της Κρήτης είναι ταυτόχρονη με την χιττιτική κατάκτηση της Βαβυλώνας από τον Μουρσίλις Ι (1596 πτεμ), ένα κοσμοϊστορικό γεγονός εφόσον αποτελεί την παγκοσμίως μεγαλύτερη στρατιωτική εκστρατεία της Παγκόσμιας Ιστορίας προ των σαργωνιδικών νεο-ασσυριακών χρόνων (722-609 πτεμ).

https://en.wikipedia.org/wiki/Mursili_I

https://en.wikipedia.org/wiki/Hittites#Old_Kingdom

https://www.hethport.uni-wuerzburg.de/HPM/index.php

 

Τα δύο γεγονότα ισχυροποίησαν την θέση των Χιττιτών απέναντι στην Αίγυπτο και την δυτική συμμαχία (Λούκκα, Τροία, Πελασγοί-Πελεσέτ, κλπ), η οποία αποτελούσε τον κυριώτερο κίνδυνο για τους Χιττίτες καθώς βρισκόταν στα νώτα τους επειδή η Χιττιτική Αυτοκρατορία ήταν 'στραμμένη' προς τα νοτιοανατολικά (Μεσοποταμία) και τα νότια (Συρο-Παλαιστίνη).

 

Η ταραγμένη εκείνη περίοδος έληξε με δύο γεγονότα: τον ανειλημμένο από τους συγγενείς των Χιττιτών Αχαιούς πόλεμο κατά των Τρώων, ένα γεγονός που αποτελούσε 'πύρρειο νίκη', επειδή οι σύμμαχοι των Τρωαδιτών αντέδρασαν, συνέπηξαν μία αντι-αχαϊκή και αντι-χιττιτική συμμαχία, και ξέσπασαν σε εξεγέρσεις και πυρπολήσεις μυκηναϊκών ακροπόλεων έτσι φέροντας το τέλος της μυκηναϊκής εποχής και της Γραμμικής Β' γραφής τους, καθώς και μακραίωνους σκοτεινούς αιώνες.

 

Στη συνέχεια, επιυέθηκαν και κατέστρεψαν την Χαττούσας, επιφέροντας το τέλος της Χιττιτικής Αυτοκρατορίας, την Ουγκαρίτ, την μεγαλύτερο χαναανικό βασίλειο και ακαδημαϊκό και μεταφραστικό κέντρο της έως τότε Παγκόσμιας Ιστορίας, καθώς και άλλα αμορριτικά και χαναανικά βασίλεια. Στο τέλος, επιτέθηκαν κατά της Αιγύπτου, όπου ο Ραμσής Γ' μόνον μετά από τρεις πολύ σκληρές μάχες κατά ξηράν και θάλασσαν και πολύ έντονη στήριξη από το ιερατείο του και εκπληκτική επίδειξη ψυχικής ισχύος, επιτέλεση θαυματουργών πράξεων, και πρόκληση υπερβατικού τρόμου στους επιτιθεμένους εχθρούς του κατάφερε να τους νικήσει, διαλύσει και διασκορπίσει.

 

Οι αιγυπτιακές ιστορικές πηγές αποκαλούν αυτή την συμμαχία 'Λαούς της Θάλασσας', ενώ τα χιττιτικά κείμενα Λούκκα. Οι εναπομένοντες Τσέκερ κατέληξαν στην Βύβλο (Τζεμπάλ) της Φοινίκης, οι Πελεσέτ στην Ασντόντ (Άζωτο), Ασκαλώνα και Γάζα, οι Σεκελές στην Σικελία, και Σερντέν (Σάρδεις) στη Σαρδηνία.  Σχετικά:

https://www.academia.edu/26287366/Η_Ευρύτερη_Περιοχή_της_Ανατολικής_Μεσογείου_κατά_τον_13ο_και_τον_12ο_Αιώνα_και_οι_Λαοί_της_Θάλασσας_κείμενο_και_σημειώσεις_

 

Εδώ μπορείς να βρεις κάπιοια βιβλιογραφία, αλλά υπάρχουν πολλά λάθη:

https://en.wikipedia.org/wiki/Sea_Peoples

 

Κατά την πρώτη προχριστιανική χιλιετία, η Κρήτη ήταν ένας ολότελα ξεκομμένος από την ηπειρωτική Ελλάδα τόπος και αυτό φαίνεται στη Πολιτεία του Αριστοτέλη, όπου εκείνος προσφέρει παραδείγματα πολιτειακής οργάνωσης και διακυβέρνησης από την Καρχηδόνα, την Σπάρτη, και την Κρήτη (Γόρτυνα).

 

Πρόσεξε κάτι το σημαντικό για να αντιληφθείς ότι, αν η Κύπρος ανήκει στην Ασία, η Κρήτη ανήκει στην Αφρική, όπως και η Σικελία. Όταν το κράτος του Αλεξάνδρου, το οποίο βεβαίως λεγόταν Ιράν και είχε πρωτεύουσα την Βαβυλώνα (και όχι το σκουπίδι 'Αθήνα'), μοιράστηκε στους Επιγόνους, οι Μακεδόνες (Αντιγονίδες), οι οποίοι έθεσαν την Ελλάδα υπό τον ζυγό τους, και οι Ατταλίδες της Περγάμου δεν είχαν στην κατοχή τους την Κρήτη.

 

Η Κρήτη ανήκε στους Πτολεμαίους επειδή είναι κυρίως ένα αφρικανικό νησί.

 

Και έτσι παρέμεινε, ιδιαίτερα μετά την ισλαμική κατάκτηση (824-961) και αργότερα την οθωμανική. Όταν οι Οθωμανοί ανέκτησαν την Κρήτη από την ξενική, ενετική κατοχή (1645-1669), όλα τα τριγύρω παράλια νοτιοβαλκανικά, ανατολιακά, συρο-παλαιστινιακά, αιγυπτιακά, λιβυκά, τυνησιακά και αλγερινά ήταν οθωμανικά.

 

Αυτά όλα μου θύμισες με την ερώτησή σου!

Τώρα βρίσκομαι σε τελείως άλλα θέματα, καταστάσεις και ενδιαφέροντα.

Νάσαι πάντα καλά!

Σαμσαντίν